Soins locaux
Attention : Avant toute détersion de plaie
Avant de réaliser la détersion de la plaie, il est important de:
Questionner le patient sur la prise éventuelle d'anticoagulants (AOD, AVK...). Si c'est la cas, s'assurer de l'absence de surdosage (interroger le patient sur la survenue de saignement lors du brossage des dents, de traces de sang dans les urines..).
Se renseigner si le patient souffre d'artériopathie, si tel est le cas, demander un avis médical avant d'envisager la détersion.
Mesurer la plaie avec une réglette ou prendre des photographies pour faciliter le suivi de l'évolution de la plaie (penser à recueillie le consentement du patient pour les photos).
Vérifier si des structures nobles (os, tendons, ligaments…) sont exposées.
Conseil : Nettoyage de la plaie
En l'absence d'exposition osseuse ou tendineuse, lavage du pied et de la plaie au savon doux et à l'eau du réseau.
Les bains de pied sont à proscrire.
Séchage des pieds et entre les orteils avec un linge propre ou de grandes compresses.
Conseil : Détersion de la plaie et de l'hyperkératose
La prise en charge de l'hyperkératose par la méthode de détersion est un acte infirmier.
Réaliser une détersion mécanique efficace à l'aide de bistouri, curette, ciseaux...
Ne pas hésiter à éliminer tous les tissus nécrotiques, infectés, fibrineux.
Il est important d'éliminer toute l'hyperkératose qui peut favoriser l'apparition de plaie et qui est une cause de retard de cicatrisation.
N'hésitez pas à consulter notre E-learning sur la détersion de la nécrose en cliquant sur ce lien..
Méthode : Choix du pansement
Il n'y a pas de pansement «miracle» mais celui-ci doit présenter les caractéristiques suivantes:
Maitrise d'un environnement humide propice à la cicatrisation (Ni «trop», ni «trop peu»)
Capacité d'absorption des exsudats permettant une maitrise du risque infectieux (effet bactériostatique)
Semi-perméable, non occlusif
Non traumatique ou douloureux au retrait
Bon rapport qualité - prix
Le pansement devra répondre aux caractéristiques de la plaie:
En cas de saignement et/ou d'exsudart : s'orienter vers un alginate
en cas d'exsudats très importants: s'orienter vers un hydrocellulaire à haut pouvoir absorbant
L'exposition de parties nobles conditionne aussi le choix de pansement.
Place des pansements imprégnés d'inhibiteurs de métalloprotéases:
Les métalloprotéases sont des enzymes sécrétées par les fibroblastes, les cellules endothéliales. Elles interviennent dans le processus de réparation lors de la cicatrisation. Dans les plaies chroniques, de nombreuses études montrent un excès de production de ces enzymes qui est à l'origine d'un retard de cicatrisation. C'est pourquoi le concept d'inhibiteur de métalloprotéases a été développé.
L' étude Explorer [1]a comparé le % de plaies cicatrisées au bout de 20 semaines de soins dans deux groupes de patients.
Le premier groupe de patients a reçu des soins locaux réalisés avec un pansement de type interface.
Le deuxième groupe es soins locaux réalisés avec un pansement comprenant un inhibiteur de métalloprotéases.
Au final: le % de plaies cicatrisées était significativement supérieur pour le groupe traité avec un pansement comprenant un inhibiteur des métalloprotéases (48% versus 30%, p< 0,05).
Fondamental : Gestion de la douleur
Chez le patient neuropathique diabétique, il est observé une diminution de la sensibilité donc une moindre perception de la douleur mais il est essentiel de s'assurer du confort du patient lors de la détersion. La douleur du patient doit donc être prise en charge lors de la réfection du pansement à l'aide des différents moyens thérapeutique existants: antalgiques par voie orale, MEOPA, lidocaïne en soin local.
