Evaluation du patient et de sa plaie
Fondamental : Entretien avec le patient
L'objectif est obtenir des informations sur :
l'étiologie de la plaie : comment est apparue la plaie ? Cause traumatique ?
l'ancienneté de la plaie : depuis quand la plaie est-elle présente ?
ses facteurs de risque :âge, l'équilibre du diabète, la présence d'une artériopathie, d'une insuffisance cardiaque, état nutritionnel, tabac….
ses habitudes de vie : son activité professionnelle, ses contraintes familiales ou financières, son chaussage….
ses médicaments : prise d'AVK ou d'AOD, d'immunosuppresseurs, Anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS), corticoïdes …
son statut vaccinal anti tétanique
Définition : Comment reconnaitre un mal perforant plantaire ?
Localisation : Plaie située sur le pied au niveau des zones d'appui (reliefs osseux comme tête de métatarses, orteils)
Très souvent indolore par perte de sensibilité en lien avec la neuropathie sensitive
Présence d'hyperkératose
🚨 Attention : Concernant les plaies en lien avec un traumatisme, elles peuvent se situer n'importe où sur le pied du patient diabétique et ne présentent pas forcément d'hyperkératose.

Méthode : Evaluation clinique
Examen Cliniqu du pied: présence d'œdème, érythème, rougeur, chaleur, hyperkératose, aspect inflammatoire, temps de coloration pour évaluer les atteintes artérielles par le test de remplissage vasculaire (TRC).[1]
Localisation de la plaie: au niveau des zones d'appui ou ailleurs en cas de traumatisme.
Taille de la plaie: mesurer la surface (longueur et largeur) de la plaie et sa profondeur à l'aide d'une réglette.
Examen du lit de la plaie : identifier les différentes phases de cicatrisation (nécrose, fibrine, de bourgeonnement, épidermisation), présence d'exsudat (évaluation qualitative et quantitative),
Examen de la peau péri lésionnelle: macération, hyperkératose, érythème…
Recherche d'éléments nobles: os, tendons…
Mesure de la taille de la plaie avec avec une échelle ou une règle (ne pas hésiter à prendre des photos).
Rechercher:
Un contact osseux: avec un stylet métallique ou une pince
Une neuropathie: diagnostic par un test de sensibilité au monofilament. L'objectif est de tester la sensibilité de la plante des pieds au niveau de trois sites. Méthode du test de la sensibilité avec monofilament - HAS
Une artériopathie:les signes cliniques d'une artériopathie sont : pied froid, jambe dépilée, abolition des pouls (recherche de pouls derrière le genou, en retro malléolaire et sur le dessus du pied), le temps de recoloration cutanée (TCR)[1]
Des signes d'infection: chaleur, érythème, fièvre, ganglions, œdème, écoulement purulent…
Complément : Examens complémentaires à réaliser sur avis médical
Radiographie: en cas de suspicion d'une ostéite, un examen radiologique peut être indiqué.
Biologie (NFS, CRP)
Exploration vasculaire:
IPS (Index de Pression systolique): c'est une méthode non invasive de diagnostic de l'AOMI. Elle consiste à mesurer la pression systolique au niveau brachial et au niveau de la cheville du patient. L'indice IPS = PAS cheville / PAS bras.
Echodoppler
TCP02 (Transcutané Pression Oxygène): c'est une méthode non invasive qui mesure la pression de l'oxygène diffusé à travers la peau à l'aide d'électrodes. Elle se mesure sur l'avant du pied et permet d'évaluer le degré d’insuffisance artérielle au regard d'une plaie et connaitre ainsi la capacité de celle-ci à cicatriser.
Complément : Rechercher les facteurs retardant la cicatrisation
En l'absence d'artériopathie, la cicatrisation s'effectue en 3 semaines si la décharge complète est bien respectée par le patient.
Les facteurs de retard à la cicatrisation peuvent être le non-respect de la décharge ou une décharge inadaptée. La présence d'hyperkératose est un signe d'hyper appui et donc de la décharge incomplète.
D'autres facteurs contribuent au ralentissement de la cicatrisation:
la dénutrition,
les atteintes vasculaires notamment les artériopathies,
l'immunodépression,
l'infection de la plaie.
Attention! Certains médicaments ou thérapeutiques retardent la cicatrisation : AINS, radiothérapie, anti-cancéreux, immunodépresseurs, corticoïdes.
Pour en savoir plus, consulter notre triptyque : Plaies chroniques et retard de cicatrisation en lien avec les traitements
