Impact clinique de la conciliation médicamenteuse
Complément : Etudes d'impact
Rapport d'expérimentation Med'Rec :
Durant cinq ans, de 2010 à 2014, une expérimentation a été menée en France sur la conciliation des traitements médicamenteux dans 9 établissements sanitaires
L’objectif principal était d’évaluer comment la conciliation médicamenteuse a pu être mise en œuvre et si elle a amélioré la sécurité du patient en réduisant les erreurs médicamenteuses.
Résultats
22 863 patient de plus de 65 ans hospitalisés après passage aux urgences ont été conciliés à l'admission ;
21 320 erreurs médicamenteuses interceptées et corrigées soit 0,9 erreur médicamenteuse par patient ;
Environ 1000 erreurs (5%) auraient pu avoir des conséquences cliniques graves.
Dufay E et al. European Journal of Hospital Pharmacy 2016 : The clinical impact of medication reconciliation on admission to a French hospital : a prospective observational study
Gravité des 1677 erreurs médicamenteuses (EM) interceptées et corrigées à l'admission (1670 patients) :
5,2 % des EM auraient pu engendrer un événement indésirable grave ;
4,2% des patients auraient pu subir un événement indésirable grave.
Skalafouris C et al. Journal de Pharmacie Clinique. 2018 : Impact de la conciliation médicamenteuse sur les erreurs de prescription à la sortie d’une hospitalisation en médecine interne
Evaluation les divergences non intentionnelles (DNI) au moment de la sortie d'hospitalisation et l'impact de la conciliation sur la sécurisation de la prescription de sortie ;
Analyse de prescriptions de sortie de 100 patients soit 800 lignes, les divergences n'étaient pas intentionnelles dans 3,75 % des cas et concernaient 24 % des patients ;
Prés de la moitié des DNI (14/30) présentait un potentiel clinique considéré comme modéré à majeur.
Fondamental : La conciliation médicamenteuse permet :
la réduction des divergences médicamenteuses entre les sources de données médicamenteuses (historique patient vs prescription hospitalière) ;
l’identification d’erreurs ou d’omissions potentiellement dommageables.
Exemple : Exemples pour lesquels la conciliation médicamenteuse aurait pu éviter les erreurs médicamenteuses
Surdosage en AOD
Un patient hospitalisé en établissement sanitaire retourne dans son EHPAD avec une prescription incluant deux lignes d'apixaban (une ligne à 2.5 mg et une ligne à 5 mg). Au bout de quelques jours, le patient présente un épistaxis puis une hématurie, une asthénie. Son état se dégrade et une détresse respiratoire apparait.
Le patient est alors réhospitalisé. L'erreur de prescription (double ligne d'apixaban) est repérée et la prescription du médicament est suspendue.
La conciliation médicamenteuse de sortie aurait permis d'éviter l'erreur de prescription.
Surdosage en méthotrexate oral
Une patiente est hospitalisée dans un établissement de santé mentale dans un contexte de conjugopathie. A sa consultation d'admission , cette personne n'est pas en mesure de fournir ses ordonnances. Sa sœur qui est son aidante énumère au médecin les médicaments actuellement pris par la patiente.
Au bout de quelques jours, l'état de la patiente se détériore et celle-ci est transférée en soins intensifs dans un établissement voisin. Elle décédera d'une aplasie fébrile dans les jours suivants.
Le psychiatre a prescrit du méthotrexate en une prise quotidienne et non en une prise hebdomadaire sur les dires de l'aidante (sœur).
La conciliation médicamenteuse d'entrée permet de recueillir l'ensemble des traitements pris par les patients au moment de l'admission. et aurait éviter l'erreur de prescription.